Pôle Éducation

Association loi du 1er juillet 1901
Préambule

L’éducation est un droit humain fondamental qui occupe une place centrale parmi les droits de l’homme : elle est un droit en soi, indispensable à l’exercice de tous les autres droits. En tant que droit menant à l’autonomisation, l’éducation est le principal outil permettant aux enfants marginalisés, aux jeunes et aux adultes de sortir de la pauvreté et de participer pleinement à la vie des communautés et des sociétés.

L’éducation est un droit de l’homme et un moyen essentiel d’atteindre les objectifs d’égalité, de développement et de paix. Filles et garçons ont tout à gagner d’un enseignement non discriminatoire qui, en fin de compte, contribue à instaurer des relations plus égalitaires entre les femmes et les hommes. Les femmes ne pourront prendre une part plus active au changement que si l’égalité d’accès à l’éducation et l’obtention de qualifications dans ce domaine leur sont assurées.

Chaque personne, à chaque étape de sa vie, devrait avoir la possibilité d’apprendre tout au long de sa vie afin d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour réaliser leurs aspirations et contribuer à leurs sociétés.
L’éducation englobe également un éventail plus large d’aptitudes y compris l’émergence de nouvelles aptitudes jugées essentielles pour les individus (par exemple : apprendre à apprendre, compétences pour la citoyenneté mondiale, compétences entrepreneuriales et autres compétences fondamentales).

Il faut non seulement enseigner les compétences de base telles que la lecture et les mathématiques, mais aussi encourager la réflexion critique et favoriser le désir et la capacité d’apprendre tout au long de la vie en s’adaptant à la dynamique locale, nationale et mondiale.
Une éducation de qualité, dispensée par des enseignants qualifiés et bien accompagnés, est le droit de tous les enfants, de tous les jeunes et de tous les adultes, et non le privilège de quelques-uns.

Il convient, en outre, d’adopter une approche holistique de l’éducation dès la petite enfance, afin de prendre en compte les problèmes d’apprentissage des groupes marginalisés et exclus, et d’intégrer les quatre piliers de l’apprentissage (apprendre à connaître, à faire, à vivre ensemble et à être).
Par ailleurs, il a été vérifié qu’une scolarisation commencée tôt peut contribuer à l’égalité des chances en aidant à surmonter les handicaps initiaux de la pauvreté ou d’un milieu social ou culturel défavorisé. Elle peut faciliter considérablement l’intégration scolaire des enfants issus de familles immigrées ou de minorités culturelles ou linguistiques. En outre, l’existence de structures éducatives accueillant les enfants d’âge préscolaire facilite la participation des femmes à la vie sociale et économique.

L’éducation va au-delà de celle qui est académique. De nombreuses ressources éducatives non académiques (émissions de radio et de télévision, documents imprimés et sonores, internet, etc.) peuvent être mobilisées.
Les activités de la vie quotidienne constituent elles-aussi des sources d’apprentissages.
Ainsi l’éducation est-elle conçue comme un processus de la croissance de l’être humain, de son accomplissement en tant qu’individu et que membre de nombreux groupes sociaux.

Cette éducation s’attache à développer le goût de s’instruire, de s’informer, de poser et de se poser des questions en développant l’observation, le jugement et le sens critique et créatif et vise enfin à susciter le sens de l’appartenance à la collectivité par la nécessité de renforcer les valeurs civiques et démocratiques communes à l’ensemble du groupe et conformes aux règles internationales pour maintenir la cohésion sociale.

L’analphabétisme dans les pays en développement, l’illettrisme dans les pays développés, les limites de l’éducation permanente, constituent des obstacles majeurs à la mise en place de véritables sociétés éducatives. Si l’on sait prendre en compte ces inégalités et qu’on s’emploie à les corriger par des mesures énergiques, l’éducation tout au long de la vie devrait donner de nouvelles chances à ceux qui n’ont pu, pour de multiples raisons, suivre une scolarité complète ou qui ont quitté le système éducatif en situation d’échec.

Les champs du Pôle Éducation

Accompagnement scolaire
Éduquer également en dehors de l’espace scolaire et familial est une logique qui s’inscrit au cœur des nouvelles politiques et vise à prendre en compte le fait que les enfants et les jeunes se construisent de plus en plus hors du temps scolaire et familial, dans des interactions entre pairs et avec leur environnement.
La scolarisation, indispensable pour préparer les jeunes à devenir des citoyens responsables, ne permet pas de répondre à elle seule aux besoins des populations. Même dans les pays où le taux de scolarisation est déjà voisin de 100%, de nombreux jeunes sortent du système scolaire sans avoir acquis un niveau de connaissance suffisant. D’autres modalités éducatives sont à mettre en œuvre pour que tous puissent réaliser leurs apprentissages.
Or l’échec scolaire constitue dans tous les cas un gâchis, absolument navrant sur le plan moral, humain et social ; il est bien souvent générateur d’exclusions qui marqueront les jeunes durant toute leur vie d’adultes.
Ce qui implique la mobilisation dès maintenant de tous les acteurs de la société civile et des institutions pour accompagner les exclus et les déçus de l’enseignement en vue de favoriser leur inclusion par des moyens diversifiés d’apprentissages.
Apprendre pour connaître suppose d’abord d’apprendre à apprendre, par l’exercice de l’attention, de la mémoire et de la pensée. Dès l’enfance, surtout dans les sociétés dominées par l’image télévisuelle, le jeune doit apprendre à concentrer son attention sur les choses et les personnes. La succession très rapide d’informations médiatisées, le «zapping» si fréquent, nuisent en effet au processus de découverte, qui implique la durée et l’approfondissement de la saisie.
La mise en place d’un environnement éducatif riche, bénéficiant d’un financement pérenne, pour encourager l’essor de l’éducation au sens large, associant jeunes et adultes, est une nécessité pour lutter contre la pauvreté (qui ne se réduit pas à un niveau de revenu faible), pour accroître la santé, pour soutenir un développement durable en vue d’un monde plus équitable et pacifié.
Dans le même temps, ces temps d’accompagnement se doivent d’éviter de limiter l’épanouissement personnel en imposant à tous les enfants le même moule culturel et intellectuel, sans tenir suffisamment compte de la diversité des talents individuels mais tendre de plutôt à valoriser tous les talents et à privilégier le développement de la connaissance abstraite, des qualités humaines comme l’imagination, l’aptitude à communiquer, le goût de l’animation, du travail en équipe, le sens de la beauté ou de la dimension spirituelle, ou l’habileté manuelle. Selon leurs aptitudes et leurs goûts naturels, qui sont divers dès leur naissance, les enfants ne tirent pas le même bénéfice des ressources éducatives collectives.

Illettrisme
Selon une enquête de l’Insee, publiée en décembre 2012, 7 % de la populationpopulation active ne maîtrise pas suffisamment l’écriture et la lecture pour se faire comprendre ou pour assimiler un texte, malgré une scolarisation en France pendant au moins cinq ans. Près de sept illettrés sur dix travaillent
Un illettré, dans des sociétés de l’écrit se retrouve souvent dans des situations d’exclusion, y compris dans les actes les plus simples de la vie quotidienne. Un état qui est à l’origine de bien des souffrances.
Par ailleurs, l’illettré est une sorte « handicapé » puisqu’il ne peut pas exercer pleinement sa citoyenneté car il ne maîtrise pas les rudiments de la lecture et de la lecture.

L’analphabétisme et l’illettrisme, empêchant d’accéder à l’éducation, doivent être surmontés dans des sociétés caractérisées par la prédominance de l’écriture même si ce n’est pas une condition suffisante pour arriver à une éducation de qualité pour tous, tout au long de la vie.

Éducation tout au long de la vie
L’éducation est à considérer dans un sens élargi. Les apprentissages tout au long de la vie implique d’être éduqué et de s’éduquer dès l’enfance et tout au long de sa vie d’adulte : pour devenir une personne, on apprend à être ; pour agir, on apprend à faire ; pour comprendre le monde, on apprend à connaître ; pour devenir un acteur dans la Cité, on apprend à vivre ensemble. Cela va donc au-delà de l’enseignement scolaire. L’apprentissage tout au long de la vie, c’est lutter contre l’exclusion sociale.
L’exclusion sociale concerne les gens qui ne participent pas à la société pour différentes raisons : handicap, âge, racisme, sexe, classe sociale, etc. Le but de la lutte contre l’exclusion sociale est donc très simple : nous aider tous à participer à la formation de notre propre avenir et à améliorer la qualité de notre vie.
L’éducation tout au long de la vie fournit aussi une excellente occasion d’aborder des questions d’environnement et de santé, et l’éducation pour la compréhension de valeurs et de cultures différentes et permet aux gens de voir comment l’apprentissage permet d’améliorer la qualité de la vie.
L’apprentissage tout au long de la vie encourage la citoyenneté active.
L’utilisation des médias à des fins éducatives peut contribuer à faire connaître à l’adulte un monde qui dépasse le cadre de son étroite expérience individuelle, et en particulier la science et la technologie qui sont omniprésentes dans le monde moderne
L’Internet et les bases de données fournissent aussi aux gens des opportunités de penser globalement, alors qu’ils agissent localement. L’accès à l’Internet est, bien sûr, très important mais la culture de l’apprentissage tout au long de la vie, ce n’est pas que les ordinateurs mais c’est aussi la socialisation des gens en tant qu’individus membres d’une société.
Cette culture des apprentissages tout au long de la vie permettra à chaque citoyen de s’épanouir dans la dignité en développant ses potentiels
L’éducation tout au long de la vie devrait donner de nouvelles chances à ceux qui n’ont pu, pour de multiples raisons, suivre une scolarité complète ou qui ont quitté le système éducatif en situation d’échec
L’échec et le «décrochage» scolaires affectent une proportion importante des élèves. Ils provoquent une coupure entre deux catégories de jeunes, qui apparaît d’autant plus grave qu’elle se prolonge dans le monde du travail. Les non-diplômés se présentent à l’embauche des entreprises avec un handicap presque insurmontable. Certains d’entre eux, considérés par les entreprises comme «inemployables», se trouvent définitivement exclus du monde du travail et privés de toute possibilité d’insertion sociale. Générateur d’exclusion et de marginalisation, l’échec scolaire est alors dans bien des cas à l’origine de certaines formes de violence ou de dérives individuelles qui mettent en danger le tissu social.